Octobre 2017 - Lettre Septembre 2017 - Site GLCS

Cet été le serveur qui héberge les lettres a fait l'objet d'une attaque et les bases de données ont été détruites. Cette attaque ne vise pas spécialement la GLCS. Toutefois les lettres précédentes ne sont plus disponibles. Le système sera prochainement réparé. Ce sera l'occasion de produire une nouvelle version de la lettre. Les anciens articles seront disponibles classés par thème.


Editorial du Grand Maître


Allocution du dîner annuel du samedi 7 octobre 2017...        

http://my.weblet.biz/users/249/Articles/Sauvagnac.pngMonsieur le Ministre, Monsieur le Sénateur, Monsieur le Maire,

Mesdames et Messieurs les Présidents,

Très Respectable Grande Maîtresse, Très Respectables Grand Maîtres,

Respectables Sœurs et Frères représentant des Obédiences Amies,

Respectables Sœurs et Frères Membres du Conseil de l’Ordre,

Vénérables Maîtres, Bien Aimés Sœurs et Frères,

Mesdames Messieurs chers Amis,

Je veux d’abord très fraternellement, mais aussi avec une simplicité solennelle, - pardonnez-moi cet oxymore - remercier tous les frères et sœurs de notre Obédience, tous ses dignitaires qui par l’intermédiaire des membres du conseil de l’ordre et du Convent ce matin m’ont non seulement renouveler leur confiance dans la charge de Grand Maître de la GLCS, mais bien au-delà ont ainsi témoigné leur confiance dans la conception que nous partageons de la Franc-maçonnerie et dans la capacité de notre obédience à incarner une voie de recherche spécifique, distincte parfois du concert des grandes et des plus petites obédiences, mais pleine d’empathie fraternelle pour toutes les sœurs et les frères de la communauté maçonnique d’ici et d’ailleurs.

Cette empathie se fonde plus encore sur une écoute et un dialogue avec toutes celles et tous ceux, avec tablier ou sans tablier, qui dans ce monde qui cherchent encore leur voie dans le nouveau millénaire ; ils pourraient se tendre la main pour être des combattants parfois discrets mais toujours résolus d’un humanisme revisité.

Merci donc à celles et ceux qui ce soir accompagnent nos sœurs et frères.

La franc-maçonnerie est certes une voie parmi d’autres. Si elle ne prétend à aucun monopole, elle reste ou devrait être une exigence de perfection pour soi et pour autrui. Ce soir, à l’occasion de notre dîner annuel, il n’y a pas de mur nous séparant : nous sommes toutes et tous frères et sœurs, car dans la société dite profane, tous les humanistes doivent faire la chaîne avec humilité pour défendre des valeurs dont chaque événement montre à quel point elles restent menacées.

La GLCS et la Franc-Maçonnerie dans la plupart des Obédiences doivent constituer non seulement un cadre mais aussi un effort sur soi pour que des personnes de conditions, et de convictions politiques ou religieuses différentes, puissent s’élever ensemble de manière pacifique et sereine, ce qui n’interdit pas de débattre.

Il est souvent dit que les questions politiques et religieuses seraient interdites dans certaines obédiences et tolérées, voire encouragées dans d’autres. Ce n’est qu’un question d’interprétation d’une même ambition où tous les maçons se retrouvent. Dans les ateliers de la Grande Loge des Cultures et de Spiritualité, cela signifie que la condition Humaine doit être au centre des préoccupations de chacun, notamment dans les travaux des Commissions extérieurs et de nos engagements respectifs.

Evoquer des questions de société, voire même de politique au sens le plus noble, n’est pas interdit puisque nous sommes de culture et de spiritualité. Ce serait une contradiction. Ce qui est écarté plutôt d’ailleurs qu’interdit par la formule « laisser ses métaux à la porte du templier », c’est de faire querelle, de briser l’égrégore par la négation de l’esprit de paix et de concorde. Faire concorder les cœurs ne consiste pas à s’aligner à la corde sur une opinion commune. La liberté absolue de conscience reste un idéal permanent.

Aussi l’épée de la connaissance se porte à gauche comme celle de Saint Michel – excusez cette référence religieuse – c’est celle de la lumière. Ce qu’il faut préserver à tout prix, c’est la paix et l’harmonie du cœur et des cœurs. Aucune guerre personnelle ou guerre d’un groupe sur un autre, d’une ethnie sur une autre, d’une religion sur une autre, voire même d’un pays ou d’un territoire sur un autre ne peut justifier que soient brisés dans la loge couverte comme dans notre loge à découvert du libre champ d’action des maçons les fondements essentiels de la paix, une paix dont la déclaration des droits de l’homme pose les bornes sociétales.

Comme l’a si bien écrit Alain Noel Dubart, -« La Franc-Maçonnerie c’est l’Humanisme en action », une action qui se fonde sur une éthique et un idéal d’engagement personnel. Dans sa progression, le maçon est ainsi souvent rappelé à son serment, un serment qu’il ou elle a pris face à lui plus encore que face à la communauté de ses sœurs et frères.

Certains diront que tout cela est au fond une vielle histoire. Néanmoins, elle est que jamais d’actualité.

Anthony Levandowski, le père de la voiture autonome, a fondé aux États-Unis une organisation religieuse qui fait la promotion d’une « divinité » basée sur une intelligence artificielle.

Ainsi après la scientologie qui annonçait le tournant désastreux du transhumanisme, celui d’un humain privé de son âme sous le prétexte d’augmenter son corps, la violence faite à l’intimité de l’humain se développe sous toutes ses formes, fondant de nouveaux intégrismes y compris parfois en se réclamant d’un respect borné et sectaire de la tradition.

Notre obédience, sans entrer dans des débats politiciens, se saisit de toutes ces questions. Non pas en proposant des mesures ou des programmes mais en travaillant sans relâche sur l’ADN d’un humanisme qui doit sans cesse se revisiter pour résister au caractère multiforme de la violence. Aussi cet humanisme est une partie majeure de l’ADN du Franc-Maçon ; il ne peut s’en détacher s’il souhaite progresser sur son chemin initiatique. Ce n’est pas un programme, c’est une voie, cette fameuse voie d’un juste milieu toujours en mouvement, non pas sa propre voie qu’on chercherait en loge ou dans la société à imposer à celle des autres.

L’insécurité, la violence faite aux femmes, aux jeunes, l’extrémisme, ce mal qui ronge le Monde, le rejet de notre belle laïcité, l’absence de fraternité, l’intolérance religieuse de certains qui voudrait faire vivre dans la crainte ou la peur, la mère de l’assujettissement aux dogmes, ces vies brisées, avec le cortège de déstabilisation des familles et des communautés, face à tout cela, il faut, je le répète plus qu’un programme et des mesures, il faut un ADN de femme et d’homme libre, un ADN d’humain éveillé.

Vous savez très bien tout cela que partagent toutes les obédiences, chacune à sa manière. Les différents communiqués cosignés par les Grands Maitres présents avec nous ce soir, attestent de cette préoccupation de tous les instants. Nous intervenons d’ailleurs régulièrement auprès des plus hautes instances de l’Etat pour apporter notre réflexion et particulièrement pour défendre la Laïcité, la plus belle œuvre de notre République depuis 1905, laquelle ne peut prendre sens et racine sans la Fraternité.

Nous n’avons de cesse de répéter que notre Laïcité est en danger mortel. Elle n’est pas le rejet des religions, mais le respect de chacun de pratiquer ou non un culte.

« Le Respect » voilà le maitre mot de la Laïcité. Le respect est également le fondement de la Fraternité.

Restons unis pour la sauver en rejetant les extrêmes de tous bords qui sèment la haine de l’autre pour tenter de s’emparer du pouvoir.

Et si, comme le prétend « Alain », le pessimisme est d’humeur et l’optimisme de volonté, nous devons agir, quelle que soit notre place dans la Franc-Maçonnerie, non plus comme témoin, mais comme acteur ! En particulier, oserais-je « surtout », par l’exemple !

Nous avons dans ce domaine un grand rôle à jouer, une responsabilité à exercer !

Le seul rempart contre la barbarie, le pillage des cœurs, le holdup de la pensée par certains courants religieux, le mépris de la dignité humaine, c’est l’Humanisme. Mais l’humanisme n’a pas de catéchisme, je répète : c’est la voie de l’exigence personnelle. Au moment où l’on fête les 300 ans de la maçonnerie française traditionnelle, ces valeurs communes continuent de nous rassembler.

La GLCS parie sur la gentillesse quand elle trouve ses racines sur une véritable et profonde fraternité. Elle parie aussi sur la bienveillance entre terriens, par delà les différences de croyance, de race, d’obédience même.

Quand un Prince des Poètes, Paul Fort, écrivait jadis sa ballade d’espérance : « Si tous les gars du monde / Si toutes les filles du monde voulaient s’donner la main », il n’était nullement mièvre, il chantait l’amour.

Il faisait barrage contre les haines, les guerres, les jalousies et toute la surface du monde. Osons prôner avec Paul Fort, à la GLCS, la profondeur de l’individuation contre la superficialité des apparences et des décors trop faciles !

Aussi si la GLCS réserve ses temples à la culture de ces valeurs, elle ne néglige pas de s’engager dans la cité notamment en participant à des groupes inter obédientiels.

Ainsi nous sommes actifs au Centre de Liaison des puissances maçonniques le CLIPSAS, dont l’ancien Grand Maître du Droit Humain, Jacques Samouelian, a été le secrétaire général. Le CLIPSAS regroupe plus de 106 Obédiences libérales et adogmatiques à travers le Monde, les signataires de l’appel de Strasbourg du 22 janvier 1961.

Au sein de cette organisation mondiale qui possède une représentation à l’ONU, le président et le bureau nous a confié le rôle de la représenter auprès du Conseil Economique et Sociale de l’ONU, l’ECOSOC.

Nous y travaillons principalement sur le thème de la lutte contre la faim et la soif dans le monde et particulièrement sur les voies pour une meilleure redistribution des ressources.

Au niveau européen, la GLCS est membre de l’Alliance Maçonnique Européenne depuis trois ans. Cet organisme permet d’avoir de parler par un seul canal aux institutions européennes, condition pour être entendu d’elles.

Outre la vigilance sur l’ensemble des dispositions arrêtées par l’Europe, l’AME a travaillé récemment sur deux axes, d’une part sur le rôle de l’éducation et d’un socle commun pour aider l’Europe à lutter contre les extrémismes et la barbarie, d’autre part sur l’innovation sociale et les moyens d’élaborer une plateforme minimale de lutte contre la pauvreté.

La GLCS a également trouvé sa place à la CPMAM (Conférence des Puissances maçonniques Africaines et Malgaches) ce qui a permis de rejoindre le Rassemblement Des Rencontres Humanistes et Fraternelles d’Afrique Francophone et de Madagascar, le Rehfram.

Ceci nous a permis de tisser des liens avec la maçonnerie africaine. Je salue d’ailleurs à cet égard la libération de Modeste au Congo Brazzaville.

En tissant des liens tant au niveau régional qu’aux niveaux mondial et européen, la GLCS participe à l’émergence d’un humanisme adapté aux nouveaux enjeux géostratégiques, scientifiques, humains, éthiques et géopolitiques du nouveau millénaire.

En 14 années, avec les dignitaires qui l’ont entouré, Marcel Laurent a fait preuve d’une ténacité, d’une énergie et d’un discernement exemplaires dont nous sommes nombreux à avoir été les témoins pour installer la GLCS parmi les grandes instances maçonniques françaises. Je veux ce soir à nouveau lui rendre hommage.

Votre présence ce soir confirme que nous poursuivons l’œuvre.

Théisme, laïcité et mixité sont les gènes de la GLCS, les composants de son ADN sur lesquels doit se construire son avenir. Ils doivent être naturellement compris au sens spirituel le plus profond, conformément à la recherche maçonnique traditionnelle et universelle dans le respect de toutes les cultures

Théisme, laïcité et fraternité, ce qui pour nous implique mixité.

La mixité, c’est pour la GLCS, la mise en pratique quotidienne du principe d’égalité des hommes et des femmes dans le respect de leurs spécificités qui les enrichissent mutuellement.

Elle impose en atelier une tenue exemplaire. L’expérience d’autres obédiences et 14 années d’expérience au sein même de la GLCS démontrent que cela est non seulement possible mais de notre point de vue une évidence. Ne sommes-nous pas Frères et Sœurs ?

Mais chaque obédience doit définir sa propre voie.

Ainsi tout se tient : le travail fait en loge sur soi et avec les autres, l’approfondissement de nos connaissances et de notre culture, l’ouverture au monde tel qu’il est, le partage et la transmission des bribes de sagesse nous recueillons tout au long de travaux.

Ce travail exaltant, la GLCS l’a entamé à sa place, à sa manière avec les frères et sœurs qui ont rejoint. Nous poursuivons ce travail dans la joie et l’espérance

Qu’Il me soit permis pour conclure de reprendre ces quelques mots de François d’Assise que j’avais cité l’année dernière. Je ne souhaite pas en changer :

Mettre l’amour là où est la haine

Mettre le pardon là où est l’offense

Mettre l’union là où est la discorde,

La vérité là où est l’erreur

L’espérance là où sévit le désespoir

Faire rayonner la lumière au cœur des ténèbres.

Et là où la mélancolie, le mal de vivre, la tristesse dominent, apporter la joie et l’espérance

Pour citer une autre tradition, je rappelais ce matin les paroles de Sri Mata Devi dite Amma, la mère :

« Ma religion est l’amour. L’amour est notre véritable essence. L’amour ne connaît pas de frontières de caste, de religion, de race ou de nationalité. Nous sommes tous des perles enfilées sur le même fil d’amour »

Réunir ce qui est épars, ce n’est rien d’autre que faire une réalité de cet idéal.

J’ai dit.
 

Christine Sauvagnac 
Grand Maître de la GLCS


Sommaire

Tipi, loge amérindienne et loge maçonnique 

http://my.weblet.biz/users/249/Articles/Lettre18_Sweat_Lodge.jpgLes amérindiens étaient en relation étroite avec ce que nous pourrions appeler la force créatrice, ainsi qu’avec le cosmos. Ils célébraient ce dernier dans toutes leurs cérémonies et l’organisation de chaque tipi, de chaque wigwam, appelés des loges, était cosmique. Le rite de purification au sein de la « sweat-lodge », ou « loge à transpirer », nécessaire avant toute grande entreprise, était l’occasion d’un renouveau spirituel, d’une renaissance...

Art du tracé  (III) : "Nom sacré de Dieu"

http://my.weblet.biz/users/249/Articles/Lettre19_Tetra_GW_DOuble.jpg
Tout fut fait avec Mesure, Nombre et Poids...

Cette phrase tirée du Livre de la Sagesse attribué à Salomon (XI.21) qui sous-tend l'art du tracé en projection suggère directement une référence au tétragramme. Chaque mois un texte, ici d'Eliane M.   


Invitation au Campus de l'Université maçonnique 

Dîner annuel du samedi 7 octobre 2017

  • Directeur de la publication : Christine SAUVAGNAC
    Comité de lecture : Marcel LAURENT, Christian GRUSQ & Thierry B.
  •  Direction, animation & coordination de la lettre : Patrice HERNU & 
     Bianca OBERT-SAUVAGNAC
  • Comité de rédaction : Michel S.; Vanessa D., Olivier G., Gérard W., Baptiste L., Eliane M., Eliane R., M.L...

Nous vous invitons toutes et tous à participer aux articles.



© Weblet TM, Do[t] It Yourself TM solution